La fenêtre de pondération de Poisson

La fenêtre de pondération de Poisson dans le domaine temporel a pour expression :

est la fenêtre rectangulaire, de largeur , centrée en 0, et valant 1 entre et .

La transformée de Fourier du premier terme, qui est la fonction de Poisson, est :

avec ; et celle du second terme est :

La transformée de Fourier du signal total est :

représente la convolution.

Soit :

Nous allons dans cette annexe résoudre cette intégrale.

Nous décomposons, avec l'aide de Maple (voir Book:Redfern), l'expression sous l'intégrale, en éléments simples. Nous obtenons :

Nous avons .

1.Intégrons

Nous avons :

Donc .

2.Intégrons

Intégrons

Changeons de variable :

La fonction à intégrer dans étant impaire, nous avons .

Intégrons

Changeons de variable :

Nous avons et , car les fonctions à intégrer sont impaires.

3.Récapitulatif

En remplaçant terme par terme et en remettant les bornes comme il faut, nous obtenons :

4.Mise en forme de

Changeons de variable :

Or, , donc .

Finalement :

5.Mise en forme de

De la même façon :

6.Résolution numérique de et de

Dans un premier temps, nous avons calculé et numériquement. Tout d'abord, Maple nous apprend que (nous avons testé pour un grand nombre de ) :

Ceci reste à prouver.

Donc il suffit de calculer l'une des deux intégrales pour avoir l'autre. Bien sûr, nous calculons , qui converge plus vite que puisque la fonction à intégrer décroît en au lieu de décroître en . Nous nous limitons à utiliser la formule de Simpson :

Nous constatons que la fonction passe par 0 tous les , étant entier, et qu'à une portion large de où la fonction est toujours positive succède une portion de la même largeur où elle est toujours négative, et inversement. De plus, l'intégrale sur une portion positive est supérieure à la valeur absolue de l'intégrale sur la partie négative qui la suit, à cause du dénominateur. Nous calculons donc sur un nombre entier de fois :

Le facteur 2 est dû au fait que la fonction est paire, c'est-à-dire au fait que :

Nous obtenons une bonne estimation. Ainsi, avec , , nous obtenons :

(avec, pour notre intégration, et , le nombre de pas par lequel nous divisons chaque portion large de ).

Nous avons déjà un résultat intéressant : les deux intégrales et ne dépendent pas de , il suffit donc de les calculer une fois, où même d'avoir une table fixe contenant la solution de ces intégrales pour différents .

7.Solution analytique

Dans Book:Beyer, page 288, nous trouvons que :

Soit, dans notre cas (, et et toujours positifs) :

Nous avons donc :

Finalement, nous obtenons :

qui est la transformée de Fourier de , avec .

8.Preuves finales

Les problèmes qu'il nous restait à résoudre étaient les suivants :

La première équation nous a été confirmée dans Book:Dwight.

Les preuves de ces deux équations nous ont été données dans Book:Edwards. La seconde équation a été résolue par Laplace en 1811 ( Bulletin de la Société Philosophique), qui utilisa une méthode légèrement compliquée et tordue, que nous pouvons trouver à la référence citée. Nous avons trouvé, pour et , une autre preuve, infiniment plus sympathique, dans Book:Dixmier. Nous allons rapidement la présenter, pour et quelconques.

Mais, tout d'abord, nous allons donner la preuve, relativement simple, de la première équation.

9.Preuve de la première équation

Il suffit, pour qu'elle nous saute aux yeux, du moins plus facilement, de partir de (avec, pour simplifier, positif et différent de ) :

Passons de à . Nous avons alors :

Puis :

Avec qui tend vers quand tend vers . passe par son maximum pour une valeur de , compris dans l'intervalle . Alors le second terme est inférieur à :

Et cette expression tend vers avec .

Donc (en utilisant le résultat de la seconde équation à prouver) :

De plus et sont paires et, dans notre cas, . Donc la démonstration est complète.

10.Preuve de la seconde équation

Nous utilisons dans cette section le théorème des résidus. La fonction considérée est (avec et ) :

Nous définissons les sous-ensembles , et de ainsi :

est holomorphe dans .

D'après le théorème des résidus, nous avons :

Avec :

Et, étant fermé et étant le bord orienté dans le sens direct d'un sous-ensemble de contenant le point singulier de , nous avons :

Donc :

Nous avons de plus :

Et :

Or :

Donc :

De sorte que cette intégrale tend vers quand tend vers . Nous obtenons donc :

De plus :

Comme la fonction à intégrer dans est impaire, l'intégrale est nulle. Et, comme la fonction à intégrer dans est paire, nous avons bien :

11.Application à la fenêtre de pondération de Hanning-Poisson

Nous avons :

Et :

Donc, étant , nous avons :

12.Les fenêtres de pondération de Hanning et de Hanning-Poisson dans le domaine fréquentiel

Sur les figures figu:fen1 () et figu:fen2 (), sont représentées trois fenêtres de pondération dans le domaine fréquentiel. Ces trois fenêtres de pondération sont celles de Blackman (trait en tirets et points), Hanning (trait en tirets) et Hanning-Poisson (trait plein). Pour suffisamment grand (la limite étant environ 1), la fenêtre de Hanning-Poisson est sans lobes secondaires.